Partage d’expérience sur la sécurité routière

Le projet ReMPARt finance une voyage d’étude sur la Belgique

Dans le cadre du projet ReMPARt « Recherche Multidisciplinaire pour prévenir les Accidents de la Route au Bénin », un voyage d’études dans des Institutions Belges impliquées dans la sécurité routière a été organisé du 22 au 29 septembre 2018 au profit d’une délégation composée de trois doctorants du projet et d’une représentante du Centre National De Sécurité Routière du Bénin. Cette délégation a été conduite dans les institutions par le Professeur Alain LEVEQUE de Université Libre de Bruxelles, coordonnateur Nord dudit Projet. Cette mission avait pour objet de permettre aux participants d’explorer le système belge de gestion de la sécurité routière en général, d’élucider quelques préoccupations nécessaires aux doctorants pour finaliser leurs protocoles de recherche et développer leurs sujets de recherche en particulier

La première visite a été effectuée à l’Agence Wallone pour la Sécurité Routière à Namur. Les discussions à cette étape ont porté sur la problématique des accidents dont les conséquences néfastes n’épargnent pas la Belgique, sur leur prise en charge en Belgique et sur l’organisation structurelle et activités de cette agence qui gère la sécurité routière de la Wallonie et fait partie du Conseil Supérieur Régional de la Sécurité Routière de la Wallonie.

La deuxième visite a eu lieu à HI (Humanité Inclusion, ex Handicap International. Les points essentiels abordés à cette étape sont la présentation de HI et les activités de sécurité routière menées jusque-là par cette structure. On peut retenir que plusieurs pays africains dont le Bénin ont accueilli des projets de HI dans le cadre de la sécurité routière. Il s’est agi en général de l’assistance technique à long terme, du développement d’un plaidoyer, du renforcement institutionnel, des activités de sensibilisation dans les écoles, des enquêtes et recherches, de la formation au secourisme, etc.

La troisième visite d’échange a été à VIAS institute, Association à gestion autonome avec focus sur le changement de comportement, animée par une équipe multidisciplinaire de chercheurs académiques, ingénieurs, psychologues, criminologues et autres consultants intervenant dans quatre grands domaines (sécurité routière, sécurité intégrale, mobilité et santé). Cette structure est dotée de plusieurs laboratoires permettant d’évaluer la conformité aux normes ISO 17020 ou ISO 17025 des instruments de mesure des structures agrées pour le contrôle technique des véhicules (homologation) ou pour la certification des produits ou matériels de sécurité routière avant importation (casques, poteaux électriques et autres dispositifs de signalisation, appareils de mesure de l’alcoolémie, tachographes (radars) etc.).

Les expériences du Bénin ont été au fur et à mesure partagées avec les acteurs rencontrés. Cette visite a permis à l’équipe de tirer beaucoup de leçons des expériences de ces institutions et de mieux comprendre les approches utilisées pour assurer une prévention efficace des accidents de la voie publique. Les échanges ont aussi été très fructueux et enrichissants en terme d’idées, de méthodologies et outils pour développer la recherche sur les accidents de la voie publique au Bénin.

Transfert de compétences

Les acteurs de l’IRSP désormais armés pour améliorer l’utilisation des résultats de leurs recherches 

Dans le monde scientifique, les résultats des recherches sont plus partagés dans des articles, conférences ou colloques scientifiques. Outre les scientifiques, il est important de faire connaître les résultats des recherches aux utilisateurs, aux décideurs et au grand publics en vue de leur utilisation. Ce partage se fait à travers un transfert de connaissances (TC).

Quelques participants à la formation

C’est dans ce cadre que, du 16 au 18 octobre 2018, dans la salle BAP 142 de l’Institut Régional de Santé Publique (IRSP), le Dr Christian DAGENAIS de l’équipe RENARD de l’Université de Montréal au Canada, grâce au projet ReMPARt, a renforcé les compétences des acteurs de l’IRSP sur le TC. Il se définit comme l’ensemble des efforts consentis pour contribuer à faire connaître et reconnaître les activités et les résultats de recherche en vue de leur utilisation par les utilisateurs, les décideurs et le grand public par une démarche interactive ou non. Le TC peut être de proximité au groupe ciblé par la recherche ou être étendu à d’autres groupes. L’utilisation des connaissances peut être conceptuelle, instrumentale ou persuasive. Il s’agit d’un processus comportant plusieurs étapes dont les deux principales sont l’adaptation et la diffusion. Il existe plusieurs modèles de TC dont les modèles :

  • « Expert » qui est essentiellement orienté vers la diffusion de connaissances et n’implique pas les utilisateurs donc peu orienté vers le changement de pratiques,
  • « Résolution de problème » qui apporte des réponses concrètes aux questions des utilisateurs et ;
  • « Interactif » impliquant les acteurs.

Ce TC nécessite une expertise individuelle et doit prendre en compte certaines caractéristiques liées aux utilisateurs et au chercheur. A travers des présentations et des exercices pratiques, les chercheurs de l’IRSP ont eu des notions sur comment préparer un TC par un processus délibératif, un diaporama, une note de politique, une capsule vidéo ou une infographie. Ils ont été averti de comment capter et convaincre son public lorsqu’on fait son TC. Enfin, ils se sont exercés à élaborer un plan de transfert de compétences.

Cette formation intensive, très pratique a été l’occasion pour les chercheurs d’acquérir des connaissances mais aussi de voir l’importance de prévoir le TC à l’issue de leur recherche et donc de prévoir ou rechercher un financement.